25 janvier 2012 - Francoperen

La routine bulgare vue de mes lunettes

Sofia, Studentski grad en hiver

Mes excuses les plus sincères à ceux qui me lisent d’habitude, je ne sais pas si c’est judicieux de les appeler mes lecteurs et si j’en ai d’ailleurs. Sur cet espace, je raconte un tas de choses qui peut-être passent à côté de leurs attentes, de ce qu’ils priorisent. A quoi ça sert d’écrire si ce que l’on produit n’est pas partagé ? Vous comprenez bien que je suis tenu de vous servir ce tas de foutaises, si j’espère avoir du feedback. Excuses surtout pour avoir omis de vous présenter la routine dans ma nouvelle ville, planter le décor comme on dit.

Sofia, c’est comme ça que ça s’appelle. J’y mène une vie animée d’un tout autre élan. L’environnement, les personnes, les pratiques sont nouveaux pour moi. Là encore je dois faire preuve d’adaptation, de tolérance et c’est en cela qu’on gagne lorsqu’on vit à l’extérieur. C’est une chance pour moi de connaitre un monde de plus, une culture de plus. C’est une chance car nul ne pourrait démontrer qu’un acquis de plus dans une vie est un acquis de trop. Quoique les circonstances ne soient pas toujours heureuses pour le ressortissant étranger. Je vis dans un immeuble de huit niveaux doté d’un ascenseur. J’aimerais vous dire qu’il est hyper chouette cet ascenseur, mais hélas…! Des bâtiments comme le mien, y en a plusieurs dans ce quartier, baptisé « cité des étudiants ». Mes habitudes ont pris un gros coup comme je le disais tantôt. Ici c’est certainement pas les coins de bouffe qui manquent. Y en a dans toutes les directions, à toute position, à la sortie du bus, des classes ou même du night-club. Mais on s’empiffre de bouffe hyper sucrée, salée ou grasse. On a le choix entre le kebab (spécialité turque), le hot-dog, les pommes frites, le poulet (toujours le poulet !), le riz (beurk!), les soupes, potages ou quel qu’autre nom qu’on leur donne ici. J’ai aussi découvert le yaourt bulgare, légèrement salé, on l’accompagne le plus souvent d’un sandwich. Les végétaux (tomate, salade, carotte, etc.) n’ont quasiment pas de goût pour moi. Et l’on osera dire que l’homme ne vit pas pour se nourrir !

La vie coûte 2 fois moins chère qu’en France. Mais cela n’empêche pour autant que l’on ressente son poids. Et ceci n’est pas vrai que pour les immigrés, il l’est aussi pour les natifs. On l’observe dans le bus, notamment en trouvant sur des sièges des tickets laissés volontairement par des passagers. Les successeurs de ces derniers s’en procureront en vue de satisfaire leur besoin. Vous comprenez que disposer de 1 lev (soit l’équivalent de 0,5 euro) pour le transport n’apparait pas ici comme une évidence pour tous. Puisqu’on est dans le bus, pourquoi ne pas en profiter pour vous relater son histoire. Le bus est un lieu mobile où l’on peut se recueillir. Déjà il faut travailler sa vitesse quand on l’utilise comme moyen de déplacement. Le chauffeur patientant rarement. A bord du bus, les regards se croisent à peine, sauf si vous vous appelez « Black ». Les gens s’occupent soit à lire des magazines ou revues, soit à écouter de la musique. Occasionnellement, un couple de jeunes s’adonne aux baisers et câlins. Ce qui n’est un spectacle pour personne. Tous ont les yeux et l’attention scotchés à ce qu’ils ont choisi de faire. Cette attitude à la de-quoi-je-me-mêle est foutrement typique au peuple bulgare. Je me souviens encore de cet homme dont la voiture était tombée en panne au beau milieu de la route. Essayant tout seul de la ramener au bord de la chaussée. Et n’envisageant pas une seule seconde demander de l’aide aux passants ou autres usagers.

Côté distraction, c’est la totale ici. Les Bulgares passent plus de temps au-dehors que chez-eux. Après le boulot, ils aiment diner en compagnie de leur compagne, de leur famille ou de leurs amis au restaurant. Vous allez tous les jours de la semaine dans un restaurant ou café, à des heures libres, c’est quasi-certain que vous trouverez du monde. Sans doute une manière pour eux d’évacuer le stress de la journée et de profiter de la vie. Dans la cité estudiantine, on a également tout un carré où se regroupent un max de discothèques. Quelques unes, à l’instar de Jim Bim, offrent même des soirées « black and white ». La danse se pratique généralement en mode Tchalga. A l’intérieur, des danseuses déguisées en pom-pom girls vous retiennent grâce aux généreux mouvements de leurs formes et vous incitent à consommer davantage de la vodka ou de la bière.

En revanche, il y a des coups durs à surmonter surtout quand on vous fait vous rappeler que vous êtes différent. Ça fait mal mais « es la vida !». Ce n’est déjà pas la joie avec l’usage du coriace Bulgare, le froid extrême (on a atteint une fois -10°C) dans lequel on vit ou les regards à la limite gênants qu’on subit en entrant dans le bus. Mais qu’en plus l’on vous fasse savoir par des gestes, des actes que vous n’êtes pas là où vous êtes censé être est une chose particulièrement douloureuse. Je préfère ne pas en parler plus longuement, ça me fait trop de la peine.

Francoperen pour vous servir, agréable lecture !

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Francoperen
Ingénieur de formation, j'ai un fort intérêt pour l'écriture. Les mots sont pour moi tout ce que les chiffres ne peuvent être. Les modeler au quotidien pour raconter des histoires est un besoin pour mon âme. Au-delà des histoires qu'ils servent à raconter, les mots sont mes petites armes pour contribuer à rendre le monde meilleur.

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